Pour le titre, le président de l'OM Pape Diouf avait annoncé qu'il irait justement à Lyon ou Bordeaux : «La destination supposée du titre devrait être Lyon ou peut-être Bordeaux. Ces équipes ont recruté sans s'affaiblir. Mais on peut réduire la marge et on veut la Ligue des champions.» A Paris, Jérôme Rothen sentait son PSG, qui sortant d'une deuxième année traumatisante, encore un peu fragile pour batailler pour les grands duels au sommet : «On ne vise pas le titre. On ne peut pas afficher des ambitions élevées après ce qu'on a vécu l'an passé. Si on disait aujourd'hui qu'on vise les premières places, on ferait rire tout le monde. Pour finir dans les cinq premiers, il faut qu'on double onze équipes !» A Monaco, le président de l'époque Jérôme De Bontin avait prévu une nouvelle saison sans relief : «Pour l'instant, je vois à peu près le même groupe que l'année dernière, qui a eu beaucoup de soucis. À moins que des joueurs n'arrivent, il faut donc plutôt se préparer encore à une saison difficile et à s'accrocher.» Caen a été relégué et le manager Franck Dumas avait pourtant mis le doigt sur ce qui pouvait sauver son équipe. «Cet état d'esprit, il faut le cultiver pour continuer à s'améliorer». C'est justement ce qui a leur fait défaut.
Si Claude Puel avait bien senti que le souffle de Bordeaux et Marseille se faisait insistant, le manager de Lyon pensait pouvoir faire de l'OL une belle machine collective, avec un jeu attirant et cohérent. «La marge de Lyon se réduit. Les autres clubs travaillent bien, eux aussi. Tout le monde progresse, et nous sommes, c'est vrai, un peu en construction. Nous avons une grosse marge de progression, et beaucoup de travail devant nous. Ce qui compte, c'est d'être une véritable équipe, de développer une vraie force collective, et de montrer une identité de jeu.» A Nantes, la grosse erreur du président Waldemar Kita est d'avoir pensé qu'avec son recrutement, son club pouvait tutoyer les sommets et finir dans les sept premiers. «Lors du premier stage à Albertville, une concurrence loyale s'est installée. L'état d'esprit est parfait. Si on continue comme ça, je suis sûr que l'on peut réussir quelque chose de fort.»
L'ambitieux message présidentiel a été parfaitement relayé par Ricardo Faty, un brin arrogant. «On est Nantes, l'octuple champion de France avec son beau stade. Pas Grenoble, le petit club mignon qui découvre la Ligue 1. On ne vise pas seulement le maintien. Je crois que nous avons le potentiel pour viser les dix premières places.» A Saint-Etienne, l'un des deux présidents, Bernard Caïazzo, avait vu grand. Beaucoup trop grand. «Notre 5e place n'est pas une fin en soi. On veut faire aussi bien, si possible aller plus haut et exister au plan international, en laissant une bonne image. Et, si on passe le premier tour de la Coupe de l'UEFA pour disputer la phase de poules, on le fera à fond.» A Sochaux aussi, le discours était ambitieux. Le boss Alexandre Lacombe espérait la première partie de tableau. Il a vite déchanté. «Vous ne m'entendrez jamais dire qu'on joue le maintien. Ce ne serait ni motivant, ni respectueux, ni responsable. J'espère terminer parmi les dix premiers ; en dessous, je serais déçu.»
A Bordeaux, la prudence est souvent le maître mot. Pour l'entraîneur Laurent Blanc, le titre est même longtemps resté tabou. «En général, on dit qu'il faut faire mieux que la saison précédente. Mais, là , je ne vais pas le dire, car ça voudrait dire être champions. Viser une qualification européenne, c'est bien. L'année dernière, on a fait une très, très bonne saison. Il sera difficile de faire mieux.» Toulouse est à placer au rang des humbles. Comme il partait avec un coach novice (Alain Casanova), le président Olivier Sadran voulait avant tout rester mesuré. «Le premier mot d'ordre, c'est de créer une dynamique de groupe pour éviter à tout prix ce qui s'est passé la saison dernière... Le club doit se positionner entre la cinquième et la quinzième place, ce qui est la moindre des choses pour la quatrième ville de France !». Le mot de la fin revient au Grenoblois Laurent Battles, très lucide à l'époque sur les chances données à son club de se maintenir, ce qu'il a par ailleurs réussi avec brio. «On doit relever un défi puisque tout le monde nous voit descendre.» - David MICHEL

La mi-temps a été bénéfique aux Lyonnais, à Madrid. Ils sont revenus sur le terrain avec...




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